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Analyse en termes de
jeu
LES JOUEURS PRINCIPAUX
:
Une femme intéressée par la bio-construction et
les maisons américaines auto-construites des années
1960
Un architecte intéressé par le patrimoine, les
maisons en bois et le jeu
Une vieille grange de petite dimension en limite de propriété
Un plan d'eau
LES JOUEURS SECONDAIRES :
L'ABF (zone protégée) - La DDE - Les artisans -
Les fournisseurs - Le climat
LA PARTIE :
La petite grange en schiste fissurée aux murs en dévers
était là comme déposée, inhabitée
au coin de la propriété, une longère angevine.
La charpente aux arbalétriers courbes évoquait
un temps où l'on choisissait attentivement les arbres
pour tailler les charpentes. La grande mare à côté
pleine de grenouilles, abreuvoir nécessaire, avait été
terrassée en d'autres temps.
La maison était devenue trop grande et les enfants étaient
partis mais les rêves et les convictions étaient
bien là.
Il fut décidé de sauver la grange et de construire
un petit pavillon en bois dans l'esprit des auto-constructeurs
américains des années 60 dont le petit livre plein
de poésie avait fait le tour de France. Des maisons faites
de bric et de broc, en bois, bardeaux, verre et inventivité,
sans prétention ni autre discours que les uvres
elles-mêmes.
Le coin était tellement exigu que tout de suite vint l'idée
de construire sur l'eau, deux pieds sinon un pavé dans
la mare des architectures mornes et conventionnelles.
Le premier projet qui correspondait à l'idée d'un
studio était une petite tour au toit en forme de fleur
dont les pétales transparentes ouvraient sur le ciel et
qui venait se raccorder à la grange. Les ouvertures seraient
faites dans les fissures qui seraient consolidées mais
laissées apparentes, métaphores des blessures de
la vie qui dans la douleur ouvrent sur autre chose.
Des éléments bien concrets tels que l'enveloppe
financière et le manque de surface habitable virent le
projet se modifier.
Le choix de matériaux sains tels que la laine chanvre
et le bois, les contre-cloisons en briques déjà
fait sur la grange se composa avec un projet solaire.
L'extension d'abord orthogonale devint oblique pour s'aligner
sur les points cardinaux et s'agrandit légèrement.
Vint le temps de la persuasion des " autorités "
pour construire cette extension afin de sauver la grange située
en une zone devenue non constructible par le plan d'occupation
des sols en vigueur et puis la construction pût commencer
par les deux piles en béton et les deux méga-poutres
en lamellé-collé.
Dans l'esprit de la propriétaire et au fur et à
mesure de la construction, le studio-résidence d'été
devenait une maison que l'on pourrait habiter à l'année.
Aussi il fût décidé une autre extension accessible
par une autre fissure au raccord du pignon sud afin de profiter
d'une chambre et de sa salle de bains. Cette évolution
fit l'objet d'une seconde négociation et d'un second permis
de construire.
Petit à petit le projet trouvait sa forme et sa fonction
définitives ; les cellules photovoltaïques furent
provisoirement abandonnées pour leur coût mais les
capteurs et le stockage solaire installés. Le poële
à bois trouva sa place dans la partie ancienne et les
garde-corps bastingages permirent d'investir le confortable esquif.
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